Quelques arguments en faveur de la liberté de choix du parent éducateur

Durant ma formation en enseignement en adaptation scolaire, j’ai dû vivre avec la désillusion de carrière que je croyais entreprendre. Les réflexion proposées par l’histoire de la pédagogie et de l’éducation, la sociologie du système scolaire et certains constats scientifiques des différentes didactiques m’ont amenés vers l’inéluctable conclusion: je ne pourrais conserver ni mon intégrité et ni ma joie intérieure si j’allais me soumettre à ma responsabilité professionnelle enseignante telle que prescrite par le ministère. Pour ce billet, je passe par-dessus toutes les questions axiologiques et idéologiques. Je m’intéresserai uniquement à certaines questions techniques et scientifiques.

Le programme de formation de l’école québécoise, le pfeq.
Je commence par en dire ceci. Il est plutôt super sur une bonne quantité de son contenu! Je comprends sa volonté d’assurer des enseignements uniformisés et de qualité pour l’ensemble des jeunes québécois. Mais.  De récentes découvertes et postulats scientifiques s’entendent pour prétendre que bien des savoirs imposés à des niveaux d’enseignements précis ne respectent pas les processus généraux développementaux. La répartition des savoirs et concepts à enseigner du pfeq a été faites selon des théories de l’apprentissages vieilles de plus de 100 ans. 100 ANS!!!!! Pourtant, depuis une vingtaine d’années, la science et de nombreux acteurs ont grandement fait évoluer les connaissances sur les processus d’apprentissages. La volonté d’uniformisation des savoirs des matières de bases est comprenable, elle facilite la formation spécifique. Ok. Et celle de l’évaluation ministérielle, j’y reviendrai. Les connaissances générales sont évidemment souhaitées, dans une société démocratique. Cependant, l’imposition des contenus précis peut avoir son  effet plutôt pervers, celui de conditionnement négatif face aux savoirs, à l’intellectualité ou simplement à l’apprentissage. Ce type de conditionnement, disons-le, est indésirable pour notre société et l’ère à laquelle nous vivons.

Les évaluations normatives, les examens.
Les examens facilitent et allègent évidemment l’évaluation de l’accumulation de savoir chez les apprenants. Cependant, bien des pédagogues appuieront le fait que, cependant, ils rendent difficilement compte du développement des compétences (paradigme d’apprentissage dans lequel le système scolaire québécois se prétend). Les pédagogies alternatives ont beaucoup à partager sur les moyens d’évaluation de la progression des apprentissages comme le portfolio d’évaluation. Bien évidemment, l’école dans sa structure et ses moyens ne peut pas se permettre d’utiliser de telles pédagogies. Ok! Mais d’autres moyens existent que l’évaluation normative, et là encore, la science de l’éducation le confirme!

La commission parlementaire concernant les amendements du projet de loi  № 144 est en cours. Lors de mon écoute saccadé, j’ai eu l’impression que, particulièrement dans l’opposition, ces faits énoncés plus haut étaient inconnus ou ignorés… Les parents qui font le choix d’éduquer à la maison sont, je crois pour beaucoup d’entre eux, animés par certaines de ces considérations, et bien d’autres, tout à fait légitimes. Leur exiger les structures imposées au système scolaire néglige un raisonnement posé et une rigueur pédagogique, tout en enfreignant le droit de choix d’éducation énoncé par le charte des droits et libertés.

J’ai choisie de ne pas enseigner pour le ministère. J’ai choisie de sortir ma fille de l’école. Je suis une citoyenne engagée. Une personne qui réfléchit et qui s’instruit continuellement. Le potentiel de ma fille et de sa future contribution n’est pas en danger. Le paternalisme québécois doit maturer et comprendre qu’il faut des exceptions pour ceux qui les demandent et les mérites. Il y a toujours moyen de moyenner.

Merci de votre lecture,

Christine

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